Le malaise dans l’écurie Mc Laren
Ci-dessous une interview de Lewis Hamilton Après sa victoire au GP de Hongrie…
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Avec humilité et sincérité, Lewis Hamilton explique comment il a semé un gros désordre chez McLaren ce week-end, en Hongrie. Et à quel point sa position est délicate en ce moment.
Vous avez mené chaque tour, et Kimi Räikkönen était juste derrière vous... C'est un grand jour pour vous...
Lewis Hamilton : Cela a été un week-end riche en événements et assez émotionnel pour toute l'équipe. Nous avons fait un pas en avant au niveau de la voiture, grâce au dur travail de l'équipe. Nous sommes arrivés ici avec un super package, mais sans la certitude d'être devant Ferrari. Mais comme vous l'avez vu dans cette course, nous avions un super rythme. Dans le second relais, j'ai eu un problème avec la direction. J'ai perdu un peu en performance et j'étais nerveux mais Dieu merci casse rien n'a cassé. L'équipe m'a dit par radio que ça allait et j'avais juste à attaquer. Kimi [Räikkönen] a été longtemps près derrière moi. J'ai attaqué jusqu'au dernier tour, nous avons fait une course fantastique. C'est bon de revenir au top après un tel week-end, et une course comme la précédente (9e au Nürburgring).
Pouvez-vous précisez vos problèmes de direction et parler des différences entre les deux types de pneus ?
L.H. : Pour être honnête, Je ne sais pas ce que c'était, il faut enquêter là-dessus, mais c'est devenu difficile de conserver l'allure. Ça tournait bien à gauche mais je devais faire plus d'effort pour tourner à droite. Quant aux pneus, ils ont été super dans le premier relais, très constants, et j'ai pu attaquer et améliorer mes temps. Après le premier pit, avec les mêmes pneus, j'ai eu un peu de mal au début. J'avais une super traction à l'arrière, qui poussait à du sous-virage, et j'ai aussi eu beaucoup de trafic. Kimi a donc pu combler l'écart. Il était cinq-six tours plus léger que moi, et je savais que je devais gérer mes pneus en vue de mes cinq tours supplémentaires pour creuser un écart. Ça a marché car il s'est retrouvé plus loin. Mais en 'très tendre', j'ai été très impressionné car nous avons pensé tout le week-end que le grainage serait trop mauvais et que nous devrions ralenti au début. Kimi a été légèrement plus rapide avec. C'était difficile mais je n'ai jamais laissé tomber.
C'est difficile de se rappeler que vous êtes un débutant. Pendant la course, vous avez eu la pression de Kimi Räikkönen ...
L.H. : Après tout ce qui s'est passé ce weekend, il était facile de perdre la concentration mais le team est resté positif, plein d'énergie. C'est (la victoire) un peu un calmant. Le team a prouvé que rien ne peut nous stopper. Je suis monté dans ma voiture avec ça en tête, en pensant à faire mon boulot et à gagner. J'ai eu Kimi deux fois derrière moi cette année, surtout en Malaisie. Fort de cette expérience, ce fut un peu plus facile aujourd'hui. Mais ce fut une course dure.
Vous avez changé des choses hier en Q3 relatives à la stratégie d'équipe (il a pris le rôle prioritaire d'Alonso en début de session) et atterri en pole. Et puis, vous gagnez...
L.H. : Je ne sais pas vraiment quoi dire. Tout ce que je sais, c'est que les problèmes que j'ai eus aujourd'hui ont fait de cette course l'une de mes plus dures.
Qu'avez-vous pensez hier en attendant 30 secondes derrière Alonso ?
L.H. : Que c'est important de rester positif, de se maîtriser mentalement. Je me suis dis : "OK, le temps est compté, je suis toujours le plus rapide en ce moment. Si je passe 2e, j'attaquerai autant que possible, j'ai une bonne stratégie. Si vous notez que j'étais plus chargé que Fernando, être plus rapide était un bonus. Je n'étais pas inquiet.
Quelle est la raison pour laquelle vous n'avez pas respecté l'accord avec Fernando, qui devait rouler devant vous en Q3 ?
L.H. : J'avais fini la Q2 avec le meilleur temps, je suis donc
rentré. Ils ont refroidi ma voiture plus vite, je suis donc arrivé en bout de la pit lane en premier, ce qui est toujours mon but. C'est ce que j'aime faire, sortir premier. Au bout de la pit
lane, ils m'ont dit : "Lewis, laisse passer Fernando" et j'ai vu Fernando garé un peu en crabe à ma droite, et Kimi très très près derrière moi. Je me suis immédiatement dit : "Bon, on peut
laisser passer Fernando mais sans laisser passer Kimi car ça me mets hors de la synchronisation et ça peut ruiner mon plan de qualification. J'ai donc du trancher. Je me suis engagé dans le
premier virage en pensant : "Si Fernando reste avec moi,nous pourrons y arriver tous les deux, nous aurons la vitesse". J'ai donc attaqué, et je ne comprends pas qu'il ne l'aie pas fait, et il a
un peu pris ses distances.
Est-ce que les événements d'hier ont un peu affecté l'équipe ?
L.H. : Euh..., en me rendant à la course, j'étais assez tourmenté et c'était difficile de rester focalisé en raison de ce sentiment à l'intérieur de l'équipe. Le team ne marquait pas de points (sanction de la FIA, ndlr). Et je ne savais pas si c'était l'équipe qui me détestait, s'ils n'aimaient simplement pas la situation ou qui ils blamaient. C'était difficile, et j'y suis allé avec le sourire, en essayant de rester positif pour tout le monde et de suivre la procédure, comme toujours. Je suis donc passé dans les rangs de l'équipe et je leur ai dit : "Allez, on va le faire, bonne chance". Ça ne l'a pas fait avec une personne (Ron Dennis ?, ndlr) mais cela ne m'a pas vraiment affecté. J'y suis allé et j'ai fait mon boulot. Evidemment, ce n'est pas génial car les deux pilotes ont fini dans les points sans qu'elle ne marque. Nous aurions pu accroître notre marge sur Ferrari, mais c'est comme ça.
Fernando a dit que depuis hier, vous n'avez parlé à personne dans l'équipe...
L.H. : J'ai parlé à tout le monde de la situation, je me suis excusé d'avoir fait quelque chose contre eux, s'ils le ressentaient ainsi.
Après la qualification, vous avez dit que vous deviez aller voir l'équipe pour avoir des explications...
L.H. : Quand j'y suis retourné, tout était calme. Nous n'avons pas trop parlé. Je suis revenu vers mes ingénieurs, nous avons fait le travail habituel : un debrief. Puis, nous nous sommes assis avec Martin Whitmarsh (P-DG de Team McLaren Mercedes, ndlr), Fernando et son mécanicien, moi et mon mécanicien. Ils ont parlé du programme et m'ont demandé pourquoi je n'avais pas fait ce qui m'incombait. Je leur ai donc expliqué. J'ai dit : "J'ai fait une erreur, je m'excuse, cela ne se reproduira plus. Mais c'est arrivé. Oublions ça et avançons. Nous avons les deux voitures en 1ère ligne, nous pouvons garder le sourie." Et j'ai pensé à ça à cause de la dispute que j'ai eue avec Ron [Dennis] à la radio. Il était furieux. Il était en train de me faire la leçon, je l'ai prise comme telle et je m'en suis vite remis. C'est pour ça que lorsque je suis allé en conférence de presse, je ne comprenais pas pourquoi Fernando avait fait une telle chose (le faire attendre derrière lui au stand). J'avais des raisons de penser autrement.
L'ambiance est fraîche en ce moment dans l'équipe. Comment sont vos relations avec Ron Dennis depuis votre vif échange, samedi ? Et que faites-vous pour vous rapprocher de lui ?
L.H. : Avec Ron c'est... Evidemment hier, il n'était pas très content. Nous devions être professionnels, parler de ça. Je lui ai livré mon point de vue, il l'a respecté. Il a dit : "Je respecte ce que tu me dis car ça fait partie de ta personnalité et peut-être que dans ta situation c'était mieux pour toi." Nous nous sommes compris et sommes convenus de passer l'éponge. Ça ne reste pas génial à cause de tous ces problèmes que nous avons déjà eus avec la FIA et avec Ferrari. C'est de la pression en plus sur l'équipe.
Vendredi, vous avez dit qu'il y avait un profond respect mutuel entre vous et Fernando. Est-ce toujours le cas ?
L.H. : Mon respect pour Fernando demeure le même. Quand on grandit et que l'on commence à regarder quelqu'un qui a autant gagné, que ce soit Fernando ou Michael Schumacher, on a du respect. Et c'est valable pour moi. Je l'ai regardé ces dernières années et j'ai vraiment admiré ce qu'il a fait, et ça ne change pas. Il ne m'a pas parlé depuis hier (samedi), je ne sais donc pas s'il a un problème.
Pensez-vous qu'il y a une chance pour que vous redeveniez avec Fernando de proches équipiers ?
L.H.: Je n'ai pas perdu le respect que j'ai pour lui. C'est à lui de décider s'il ne veut pas me parler, mais je suis ouvert.
Pensez-vous que votre lune de miel avec l'équipe, ou avec Ron Dennis, est finie ?
L.H. : Comme vous savez, je travaille avec Ron depuis presque dix ans. D'accord, c'est une grosse affaire et un problème pour le team, mais je pense que notre relation est très très forte et que cela ne va pas nous séparer. Le meilleur est à venir.
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Bonne nuit mes douces

bonne soirée..
Bisous