Jour de kermesse...
Chaque année, au début de l’été, la petite communauté protestante de Montreuil, sous la houlette bienveillante du pasteur Roger Parmentier organisait dans la cour du temple une kermesse.
Cette année là, Roger me convoqua au presbytère en tant que chef de troupe des éclaireurs. Notre petite patrouille dont j’étais déjà le chef avait grossi et de 6 garçons nous étions désormais une vingtaine, et du coup, j’avais pris du galon. De chef de patrouille, j’étais devenu chef de troupe avec 3 patrouilles de tous âges de 9 à 16 ans. Bon !... revenons à nos moutons, comme dirait précisément notre pâtre…
Roger souhaitait que les éclaireurs aient un stand à la kermesse annuelle. Il me donna carte blanche, l’inconscient. Evidemment, l’orgueilleux indécrottable que j’étais se sentait flatté d’être investi d’une si haute responsabilité, mais voilà !.. Ce n’était pas tout de pavaner, il fallait s’y coller. et que faire ?...
Je savais déjà qu’il aurait un chamboule tout, une pèche miraculeuse, un étal de pâtisserie maison et autre victuaille, une sorte de vide grenier où chacun était invité à proposer à la vente ses ruines et autre vieilleries poussiéreuses. Il aurait aussi un stand de tir à la carabine a plomb avec de superbes lots en plastique et peluche .
Je réunis donc toute mon équipe dans notre quartier général… (Bien grand mot pour désigner le grenier de la ‘gardienne du temple » rires !…), endroit très crasseux et encombré d’un tas d’objets dépareillés et en piteux état, notre trésor. Après d’âpres discussions où les propositions les plus saugrenues d’adolescents en bourgeons et plutôt ballots, moi compris, furent proposées, nous arrivâmes enfin à un projet.
Nous allons vendre des crêpes. Ne riez pas mesdames, du moins pas tout de suite, vous pourrez quand vous saurez qu’aucun de mes piou piou et moi ne savions quoique ce soit sur cette industrie. Préparer la pâte, le matériel nécessaire. En outre nous n’avions ni farine, ni œufs, ni lait… pas plus que de réchaud, de tuile ; etc… bref !... Ca se présentait mal.
Quand je repense à tout ça !... je me dis que nos mamans ont été les plus méritantes. Car sans elles, notre projet tombait à l’eau. Qui, nous prépara des litres et des litres de pâte, qui, nous fournit le réchaud et les tuiles. Quelques papas, nous donnèrent même un coup de main à monter un stand de guingois. Les mamans, toujours zélées, se chamaillaient parfois gentiment sur les meilleures proportions pour réussir la meilleure pâte.
Arriva le jour de la fête : nous étions à pied d’œuvre. Les premières crêpes étaient, vous vous en doutez, invendables et finirent dans nos estomacs. Après le culte, ce fut la ruée !....
Et là !... mes chères lectrices.. Là !... Je dois vous dire que nous eûmes un franc succès… Au point que 2 heures avant la fin de la kermesse, nous n’avions plus de quoi faire une crêpe… Nous récoltâmes une fortune colossale ce dimanche là. Plus de 475 Francs… Cet argent servit à acheter du matériel pour la troupe, dont une tente neuve, et surtout à restaurer notre trou à rats…
Après les Najas, il y eut, les Albatros et les Pumas… Et tout ça cohabitaient désormais en presque parfaite harmonie dans un local repeint en violet !... rires… Al les goûts des ados.
Que la vie vous soit douce…
A bientôt… Bisou
Elaps dilettante et discret…