Je vous emmène vous promener avec moi !...
Odyssée alsacienne.
Vendredi 25 janvier 19h45 environ, arrivée à Mulhouse. L’amie fidèle de toujours est là qui m’attendait, souriante visiblement heureuse de me revoir. Elle agrippe mon bagage et nous nous dirigeons vers sa voiture. Sa meilleure amie nous attend pour un petit festin au restaurant indien. Ce soir nous dînerons tous les trois au « Maharadjah ». Le repas durera longtemps et sera délicieusement servi par des hôtes gracieux : poulet tandoori, riz basmati ou safrané, pains spéciaux. Nous nous racontons le dernières nouvelles et vient le moment de rejoindre mon gîte. Mulhouse la nuit c’est beau certes !... mais vous verrez que l’alsace a beaucoup d’autres charmes.
Vers 11h00 embarquement pour Colmar, hôtel de Turenne où une chambre m’attend. Joli petit hôtel décoré de mille objets rustiques. Chambre confortable et fonctionnelle… et possibilité d’utiliser gratuitement le portable de l’amie pour Internet par le Wi Fi… Vive la technologie !... On n’est plus coupé du monde désormais… En fait, le matériel servira peu… Le programme touristique est trop chargé et le temps manquera !...
Bonne nuit réparatrice et bon gros dodo.
Samedi 26 janvier
Un peu de brume ce matin sur Colmar… Petit déjeuner gourmand dans une salle à manger cosy, et, mise au point du programme de la journée. Direction l’Allemagne. Mon amie est délicieuse, mais elle aime tant sa région – et je la comprend – qu’elle voudrait tout me montrer en même temps. Donc cap vers nos cousins germains. La plaine est brumeuse. Au travers des volutes de ce brouillard, parfois le voile se déchire pour faire apparaître, tel un fantôme la carcasse torturée d’un arbre nu. Même l’air semble enfoui dans cette ouate étouffant les bruits de la campagne. Les prairies portent encore le givre fragile d’une nuit frileuse. Plus nous approchons du Rhin et plus la brume est dense, et c’est dans le coton que nous traverserons le fleuve. Voilà comme est désormais l’Europe. Au milieu de pont pas de poste frontière. Seul les panneaux de signalisation montre que nous sommes en Allemagne. Petite promenade au bord du fleuve, Des glaçons flottent à la surface qui me rappelle qu’aux temps anciens les hordes barbares des Huns, envahirent la France à la faveur d’u hiver si rigoureux qu’il avait gelé le fleuve. J’ai évoqué cet épisode dans mon almanach.
Le Rhin sous la brume coté allemand...
Mais décidément, il fait vraiment frisquet chez nos amis teutons et nous décidons de retourner vers Colmar. En route je m’arrête à un bureau de tabac. A la charmante buraliste je demande si je suis toujours en Allemagne, elle me répond dans français parfait : » Oui, monsieur !... » Je la félicite pour son français impeccable et sans accent. Elle me répond avec un grand sourire « Je suis française et de Colmar !... ». A noter : j’ai cru faire une affaire en payant mon paquet de cigarette 1 € de moins que chez nous… Surprise, le paquet contenait 3 cigarettes de moins !...
On fait une petite halte à Neuf Brisach.
Une porte de Neuf Brisach ville fortifiée par Vauban
Vers midi
Petite promenade apéritive dans le vieux Colmar.
Colmar centre près de chez " Flory "
Quelle beauté typique que cette ville !... Ces maisons à colombages en espaliers saillants. Mon amie m’explique la raison de ces espaliers. C’était jadis pour payer moins de taxe. En effet un impôt était compté sur la surface bâtie au sol, ce qui dépassait en hauteur n’était pas taxé. Les constructions ont été bien entretenues et ce charme a été ainsi protégé… Malgré le petit déjeuner copieux du matin, la faim se fait sentir. Près de la place de la cathédrale se trouve une placette et sur cette placette, le restaurant « Flory ». La salle est bondée, on refuse même du monde. On tente le coup !... Il reste une seule table pour deux. Le patron de l’estaminet m’accueille pour un tonitruant « Bonjour jeune homme !... ». Je me retourne pour voir si c’est bien à moi que s’adresse cette apostrophe. Le ton est donné. Dans un brouhaha de conversations dans des langues que je ne comprend, nous renons nos places et commandons une choucroute royale !... Quelle folie nous fîmes là !...
Quand le plat nous fut servi, il y eut un grand moment de stupéfaction… Imaginez les Vosges, le ballon d’Alsace : une montagne de choucroute délicieusement parfumée au Riesling et aux baies de genièvre, des pommes de terre à souhait et un Himalaya de charcuteries ! Jarret de porc, Montbéliard, saucisse de Strasbourg, lard fumé, jambon et tout le reste dont j’ai oublié le nom. Nos voisins de table, pourtant du cru ouvrirent de grands à l’arrivée de ce festin. Mon amie ne put s’empêcher de faire remarquer à la serveuse qu’il y avait là à manger pour cinq personnes – et pourtant elle a un bon appétit – mais là, pour le coup elle fut étonnée. Maintenant, ce n’est tout de regarder, va falloir escalader. Y’en a pour au moins deux heures de boulot. Nous arrosons tout ça d’un petit pinot gris et d’une chope de bière.
Une sieste va être utile !
Après quelques emplettes en ville, retour à l’hôtel pour reprendre mon souffle. Ah ! Ces alsaciens quand il vous font à manger, il y a une joie exubérante dans leur préparation comme l’accueil de l’aubergiste.
Je vous donne à titre de recommandation l’adresse du restaurant :
« Restaurant Flory »
1, rue Mangold
68000 Colmar
Tél 03 89 41 78 80
Il est prudent de réserver. A noter la décoration de la salle avec des outils anciens de la ferme et sur les murs des reproductions de peinture de Gustave Doré, d’après des scènes rabelaisiennes.
Vers 19h30
Nous optons pour un « chinois » et la réception de l’hôtel nous recommande le « Hong Kong ». Là peu à dire, tous les restaurants chinois se ressemblent. Service correct curieusement fait par des serveurs alsaciens, mais sous la houlette d’une patronne asiatique.
Puis pour finir la soirée promenade dans ce quartier animé de Colmar. Petit passage devant la maison natale du général d’empire Jean Rapp.
Retour au Turenne et dodo : je suis mort !....
Dimanche 27 janvier
Visite du vignoble. Tous ces coteaux plantés de vignes sont impressionnants. Et j’imagine la somme de travail au moment des vendanges de septembre et la peine que doivent se donner tous ces exploitant pour récolter les grappes sur ces pentes souvent abruptes. Tout ça pour nous produire ces vins merveilleux ; Sylvaner, Riesling, Gewurtz ou Pinot gris ou noir.
Escale dans la bourgade de Turckheim.
Hotel de ville et Eglise de Turckheim.
Puis une nouvelle escale à Kaysersberg. Je tenais vraiment à voir le berceau de l’immense Albert Schweitzer, prix Nobel de la paix en 1952. Pasteur, organiste talentueux qui donnait des récitals pour financer son hôpital de Lambaréné en Afrique noire et médecin qui fit très tardivement sa médecine pour disait-il « mieux servir… ». Par malchance le musée qui lui est consacré et dont la recette va toujours à Lambaréné pour sa fondation, est fermé hors saison. Je peux juste entrevoir son harmonium qui me rappelle celui du temple protestant de Montreuil.
Maison natale et musée Schweitzer.
C’est aussi à Kaysersberg que je verrais de mes propres yeux ce que croyais devenu une légende : un nid de cigogne sur une cheminée. Mon amie m’explique que des armatures et quelques brindilles sont placées là pour permettre au migrateur de construire son nid et rester tout l’hiver. Les cigognes vivent en couples. Je reste longtemps à contempler cette merveille de la nature.
Et…Direction Riquewihr.
Ce jour là est organisée dans le secteur une marche populaire. Donc, beaucoup de monde dans le bourg. Belle bourgade encore très typique. C’est à Riquewihr qu’est bâti le « gratte ciel ». Une plaque en façade précise que c’est la maison ancienne à colombage la plus haute d’Alsace. On trouve aussi ici un musée de la Poste.
Repas vers 13h30. Au menu, complètement alsacien : une copieuse marmite alsacienne : bonjour la ligne ! Et après une visite des fortifications de Vauban et de douves retour flâneur vers Colmar, non sans une petite halte pour un charmant petit cimetière en plein vignoble, cernes pars les rangs de sarments, où va se recueillir un moment mon amie sur la tombe de membres de sa famille.
Le " gratte ciel " de Riquewihr
Le soir venu l’envie nous prend de dîner italien. Encore une fois, mon aubergiste sera de bon conseil. Nous dînerons donc au « Romantica » qui n’a d’italien que sa cuisine, excellente au demeurant. Salade niçoise, salade au thon… puis pizza gargantuesque et tagliatelles carbonara le tout arrosé d’un petit vin italien.
Le « Romantica » Spécialités italiennes
4, Grand rue
68000 Colmar
tél 03 89 23 09 56
Là aussi l’accueil est chaleureux et là aussi il est prudent de reserver
Lundi 28 janvier.
Après un dernier petit déjeuner, je règle la note d’hôtel et retour à Mulhouse. Jolie promenade le long du massif des Vosges dont les crêts et celui du ballon d’Alsace (le plus haut sommet des Vosges culmine à 1247mètres) sont décorés de guirlandes enneigées.
Avant de dire adieu définitivement à la belle Colmar, nous allons voir la reproduction en plus petit de l’œuvre la plus célèbre d’un enfant du pays, Bartholdi, « la statue de la Liberté ».
Et nous voici arrivés à la fin de ce week end gastro-touristique.
Dernier repas près de la place de la Réunion avec la collègue de mon amie et embarquement vers Triel.
Voilà mes très chères lectrices les merveilleux moments passés dans cette région exceptionnelle.
Maintenant le cours de la vie va reprendre ses habitudes.
Gros bisous à toutes

