Atmosphères...
On arrive sur le parvis de l'église, une foule inhabituelle s'engouffre lentement dans le vénérable monument du 14ème siècle. Parmi tous ces gens, il doit bien se trouver quelques "sales mécréants" comme moi (sourires). En cette période de générosité, ils seront peut être pardonnés, car ils viennent écouter de la musique sacrée. Le parfum si subtil de l'encens se mêle à l'odeur des chaudières à mazout et celui si particulier des salles de spectacles. Devant l'autel, l'orchestre philharmonique n'est pas encore en place, seules des chaises éparses sur l'estrade et le plot du chef et un enchevêtrement de pupitres
Puis arrivent les musiciens, les messieurs en frac noir, les dames en robe blanche et les choristes tous en aube. Les musiciens attrapent qui son violon, qui son alto, qui met son violoncelle entre ses jambes ou s'appuie d'un air dégagé à sa contrebasse... Le premier violon donne le la. Commence alors une douce et joyeuse cacophonie, les cordes se mettent au diapason. A droite, les grandes orgues. Ce soir elles seront silencieuses. Les chaises des spectateurs grincent sur les grosses dalles grossières de l'église, on toussote beaucoup, comme s'il était convenu que dans un moment, il faudrait être silencieux. Un brouhaha à peine audible flotte... on est dans une église. Les flammes des cierges dansent dans les candélabres.
Le chef d'orchestre arrive. Deux mots glissés à l'oreille du premier violon, une poignée de main au chef des choeurs, il se tourne face au public, il salue et de tourne vers l'orchestre. Sa baguette donne deux mesures pour rien et...
Commence une magie qui durera plus d'une heure.
Après les dernières phrases mourantes du "selig sind die toten" (heureux sont dès à présent...) un moment de silence.
Et le crépitement crescendo des applaudissements. Tout le monde est debout.
Je sors et au passage je jette dans une corbeille en osier quelques euros... J'ai honte, car le plaisir que je viens d'avoir vaut mille fois plus.
Nous avons écouté le requiem allemand de Brahms… Beauté absolue.
Bisous à toutes